Coup de projecteur : Les Cahiers rouges (Grasset)
Il y a des collections qu'on reconnaît avant même de lire le titre. Les Cahiers rouges en font partie : ce rouge franc en couverture, ce format ni tout à fait poche ni tout à fait grand format, et cette promesse silencieuse — vous tenez entre les mains un texte qui a fait ses preuves.
Coup de projecteur : Les Cahiers rouges (Grasset)
Il y a des collections qu'on reconnaît avant même de lire le titre. Les Cahiers rouges en font partie : ce rouge franc en couverture, ce format ni tout à fait poche ni tout à fait grand format, et cette promesse silencieuse — vous tenez entre les mains un texte qui a fait ses preuves.
L'histoire commence pourtant bien avant. Dans les années 1920, Grasset publie Les Cahiers verts, une collection de littérature française et étrangère lancée en 1921, qui contribuera à faire de la maison l'une des grandes adresses littéraires de l'entre-deux-guerres. En 1983, Jean-Claude Fasquelle, alors président de Grasset, crée les Cahiers rouges — le nom est un clin d'œil assumé à l'aïeule verte. L'idée est lumineuse de simplicité : plutôt que de courir après la nouveauté, rouvrir le fonds de la maison et en exhumer les trésors. WikipediaWikipedia
Et quel fonds. La collection fait revivre les « classiques modernes » : Paul Morand, Jean Cocteau, Irène Némirovsky, Thomas et Klaus Mann, Jean Giono, Vladimir Nabokov, Joseph Delteil… Les auteurs étrangers y ont toute leur place — Fitzgerald, Truman Capote, Gabriel García Márquez —, tout comme l'art et la poésie, avec les correspondances de Cézanne ou de Van Gogh, le Journal de Paul Klee, les poèmes de Verlaine ou de Whitman. On y croise aussi des oubliés magnifiques : François Augiéras, Marguerite Audoux — premier prix Femina —, Jacques Audiberti, immense écrivain qu'on ne lit plus guère. WikipediaMollat
C'est peut-être là le plus beau fait d'armes de la collection : son flair pour les revenants. Les Cahiers rouges ont replacé dans l'actualité littéraire des œuvres longtemps restées dans l'ombre, comme celles d'Irène Némirovsky, devenues depuis des best-sellers. Preuve qu'un texte peut dormir cinquante ans avant de trouver ses lecteurs. Wikipedia
Aujourd'hui, la collection compte plus de 370 titres et s'enrichit d'une douzaine de volumes par an — un rythme de croisière qui dit bien la philosophie de la maison : pas de précipitation, mais une fidélité obstinée à la mémoire littéraire. Charles Dantzig, qui a longtemps dirigé la collection, aimait à rappeler que « le livre est un grand arbre émergé des tombeaux ». WikipediaMollat
C'est exactement l'esprit que nous défendons ici. Ni nostalgie ni course à la nouveauté : la conviction qu'un grand texte n'a pas de date de péremption. Vous trouverez une belle sélection de Cahiers rouges dans nos rayons — et quelques-uns, forcément, parmi nos coups de cœur.